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Marché24 août 20266 min de lecture

Airbnb : la réglementation se resserre partout. Pourquoi la longue durée redevient la stratégie la plus sûre.

Le cadre du meublé de tourisme change vite, et il change localement. Avant d'acheter pour louer à la nuitée, mieux vaut mesurer le risque réglementaire. Notre lecture : sur la plupart des projets, la longue durée offre aujourd'hui un meilleur rapport sérénité sur rendement.

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La rédaction Covesta

Investissement locatif clé en main

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Pendant des années, le raisonnement paraissait imparable : une nuitée se loue plus cher qu'un trentième de loyer mensuel, donc la location courte durée rapporte davantage. Ce calcul reste vrai sur le papier. Ce qui a changé, c'est tout ce qu'il y a autour : la réglementation, la fiscalité, les charges d'exploitation et le risque de voir les règles bouger en cours de route.

La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a donné aux communes des outils bien plus larges pour encadrer les meublés de tourisme, et son calendrier d'application arrive à échéance. Pour un investisseur, la question n'est plus de savoir si le cadre va se durcir, mais à quelle vitesse il se durcira dans la ville visée.

20 mai 2026

Enregistrement national obligatoire

téléservice unique, numéro affiché sur l'annonce

10 000 €

Amende encourue

défaut d'enregistrement

100 000 €

Amende encourue

changement d'usage non autorisé

Ce qui a changé, et qui s'applique déjà

  • Enregistrement généralisé : tout meublé de tourisme doit être déclaré via un téléservice national et afficher son numéro sur les annonces, sous peine d'amende pouvant atteindre 10 000 €.
  • Fiscalité resserrée : au régime micro-BIC, un meublé de tourisme non classé ne bénéficie plus que de 30 % d'abattement, avec un plafond de recettes de 15 000 €, contre 50 % pour un meublé classé.
  • Plafond de nuitées : la location d'une résidence principale reste limitée à 120 jours par an, et la faculté pour les communes d'abaisser ce plafond à 90 jours est étendue à l'ensemble du territoire.
  • Changement d'usage : toute commune peut désormais l'imposer par simple délibération, et l'amende en cas d'infraction a été portée à 100 000 €.
  • Performance énergétique : les meublés de tourisme entrent progressivement dans les exigences de DPE, comme le reste du parc locatif.

Paris, Lille, Montpellier : trois marchés, trois logiques

À Paris, l'encadrement est ancien et parmi les plus stricts de France : enregistrement de longue date, contrôles actifs, règles de compensation pour transformer un logement en meublé touristique. À Lille et à Montpellier, la pression étudiante et la tension locative poussent les collectivités à protéger le logement résidentiel, avec des dispositifs qui se renforcent progressivement. Dans ces trois villes, la demande de logement à l'année est forte, constante et documentée : c'est précisément ce qui rend la longue durée solide.

Nous ne conseillons pas d'écarter la courte durée par principe. Nous conseillons de ne jamais bâtir un plan de financement sur un rendement que la prochaine délibération municipale peut réduire de moitié.

Ce que la longue durée apporte concrètement

  • Des charges d'exploitation nettement plus légères : ni ménage entre deux séjours, ni blanchisserie, ni consommables, ni commissions de plateforme. Une conciergerie facture couramment 15 à 25 % des revenus encaissés, là où une gestion locative classique se situe très en dessous.
  • Un revenu lisible : un loyer mensuel, une révision annuelle encadrée par l'indice de référence des loyers, pas de saisonnalité ni de trous de calendrier à combler.
  • Un risque réglementaire quasi nul : la location nue ou meublée à l'année n'est pas soumise aux quotas, aux autorisations de changement d'usage ni aux plafonds de nuitées.
  • Un financement mieux perçu : les banques apprécient un bail signé et un loyer contractuel, plus faciles à intégrer dans un plan de financement qu'un prévisionnel de nuitées.
  • Une utilité sociale réelle : chaque logement remis sur le marché à l'année, dans une ville tendue, c'est un ménage logé plutôt qu'une nuitée vendue.

Quatre questions à se poser avant d'acheter pour louer à la nuitée

  1. 1La commune impose-t-elle une autorisation de changement d'usage, une compensation ou un quota sur ce quartier précis ?
  2. 2Le règlement de copropriété autorise-t-il l'activité de meublé de tourisme, et l'assemblée générale peut-elle la restreindre demain ?
  3. 3L'opération reste-t-elle viable si le plafond de nuitées est abaissé ou si l'abattement fiscal évolue à nouveau ?
  4. 4Le rendement affiché est-il net des charges réelles d'exploitation, conciergerie et vacance saisonnière comprises ?

Si l'une de ces réponses est incertaine, la longue durée mérite d'être étudiée en priorité. Elle demande moins d'énergie, encaisse mieux les changements de règles, et laisse dormir tranquille. Dans un marché où la réglementation bouge chaque année, c'est un rendement en soi.

Informations générales à jour d'août 2026, susceptibles d'évoluer. Elles ne constituent ni un conseil juridique ni un conseil fiscal : les règles applicables dépendent de votre commune et de votre situation, à vérifier auprès de votre mairie et de votre expert-comptable.

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